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ACTUALITÉS DE LA SCG

December 2012

PRIX ET DISTINCTIONS 2012 – LA SOCIÉTÉ CANADIENNE DE GÉOTECHNIQUE

Médaille R.F. Legget Edward C. McRoberts

Prix R.M. Quigley: Pete E. Quinn, Mark S. Diederichs, R. Kerry Rowe et D. Jean Hutchinson.« A new Model for Large Landslides in Sensitive Clay using a Facture Mechanics Approach » (vol. 48:(8) pp.1151-1162)

Mention honorable: Xue-Yu Geng, Buddhima Indraratna et Cholachat Rujikiatkamjorn.« Effectiveness of Partially Penetrating Vertical Drains under a Combined Surcharge and Vacuum Preloading » (vol. 48: (6) pp. 970-983)

Paul J. Vardanega et Malcolm D. Bolton. « Strength Mobilization in Clays and Silts » (vol. 48:(10) pp. 1485-1503)

Prix G. Geoffrey Meyerhof: Delwyn G. Fredlund, professeur émérite, University of Saskatchewan

Prix Thomas Roy: Oldrich Hungr, professeur, University of British Columbia

Prix Roger J. E. Brown: James M. Oswell, expert-conseil principal, Naviq Consulting Inc.

Prix du géoenvironnementShahid Azam, professeur agrégé, University of Regina

Prix des géosynthétiquesJonathan Fannin, professeur, University of British Columbia

Prix Robert N. Farvolden: D. Allan Freeze, président, R. Allan Freeze Engineering Inc. (Prix conjoint avec AIH-SNC) 

Prix de l'étudiant diplômé

1er prix: Fawzy M. Ezzein, « A Transparent Granular Sand for Geotechnical Modelling », Département de génie civil, Collège militaire royal du Canada; directeur: Richard Bathurst, Ph. D.

2e prix: Fady B. Abdelaal, « Cracking of HDPE Geomembranes », Département du génie civil, Queen's University; directeur: Kerry Rowe, Ph. D.

Prix de l'étudiant non-diplômé, présentation individuelle

1er prixDavid Flynn,« Large Scale Interface Shear Testing ABC Twin WaterBloc Material Enhancing Flood Protection », Département du génie civil,University of Manitoba; directeur: James Blatz, Ph. D.
2e prix: Lee-Ann Sills, « Use of transparent soil to investigate discontinuous gas flow in heterogeneous porousmedia », Département du génie civil, Queen's University; directeur: Kevin Munford, Ph. D.

Prix de l'étudiant non-diplômé, présentation de groupe

1er prixHubert Péloquin, Leila Pike, Adham Kalila et Mamoun Essakalli, « Europa Creek Hydroelectric Project:High Pressure Penstock Pipeline », Département du génie civil et de la mécanique appliquée, Université McGill; directeur: Mohamed Meguid, Ph. D.

2e prixJessy Counter, Dylan Conners, Brendan McAuley et Carl Mohammadi,« Foundation Design for Canadian Embassy Structures (Using the Mechanics of Saturated and Unsaturated Soils) », Département du génie civil, Université d’Ottawa; directeur: Sai Vanapalli, Ph.D.

Bourse nationale pour études supérieures de la FCGMichael Callaghan, University of Calgary

Prix A.G. Stermac

Andrew Drevininkas (ingénieur géotechnique en chef, Toronto Transit Commission)
Charles Kwok (ingénieur géotechnique principal, principal associé, Stantec)
Dwayne D. Tannant (professeur, University of British Columbia, campus Okanagan)  
Stéphanie Perret (enseignante, Cégep de Sherbrooke)

Conférence d’honneur R.M. Hardy: R.M. (Rob) Kenyon, KGS Group, directeur
Colloquium canadiende géotechniqueW. Andy Take, professeur agrégé, Queen’s University
Tournées de conférences pancanadiennes: Lee Barbour(printemps 2012), Mike Jefferies (automne 2012)

PRIX ET DISTINCTIONS DE L’INSTITUTCANADIEN DES INGÉNIEURS (ICI)          

Médaille M. John Kennedy: R. Kerry Rowe, professeur, Queen’s University,
Médaille Julian C. Smith: M.A.J. (Fred) Matich, consultant, pratique privée
Médaille John B. Stirling: C. Derek Martin, professeur, University of Alberta  
Fellow de l'ICI: Doug Stead, professeur, Simon Fraser University 
Fellow de l'ICI: Hesham El Naggar, professeur, University of Western Ontario


Certificats d’appréciation de la SCG

Les personnes suivantes ont reçu des certificats d'appréciation de la SCG pour leur contribution inestimable à la SCG en 2012.

Présidents et administrateurs sortants de la Société canadienne de géotechnique en 2012

Bryan Watts : président
John Sobkowicz : vice-président, Secteur technique  
Peter Gaffran : vice-président, Finances  
Jean-Marie Konrad : vice-président, Communications
Davide Elmo : président, Division de la géologie de l’ingénieur
Uthaya M. Uthayakumar : directeur de section, Société géotechnique de Vancouver
Deyab Gamal El-Dean : directeur de section, Groupe géotechnique de l’île de Vancouver
Doug Dewar : directeur de section, Groupe géotechnique de Prince George  
Baolin Wang directeur de section, Groupe géotechnique d’Ottawa
Daniel R. Babcock : directeur de section, Groupe de London
Arash Zakeri : directeur de section, Section de Terre-Neuve-et-Labrador
James Blatz : président, Conseil de recherche en géotechnique 
Phil Bruch : rédacteur, magazine CGS News 
Peijun Guo : président, Comité de l’informatique 
Corey R. Froese : président, Comité sur les glissements de terrain

Rédacteurs adjoints sortants en 2012 –Revue canadienne de géotechnique

Hai-Sui Yu
Doug Stead
Kent Novakowski

Conférence annuelle 2012 de la Société canadienne de géotechnique – Comité organisateur de Winnipeg

Gil Robinson : président
Kendall Thiessen : co-président  
Kent Bannister : président du programme technique
Anne-Marie Hamilton : trésorière
Neil Privat : visites techniques guidées
Alexandria Beveridge : cours intensifs
Alena James : programme des activités sociales et activités pour les partenaires
Wing Keat Wong : coordonnateur des bénévoles

11e symposium international sur les glissements de terrain et 2e symposium nord-américain sur les glissements de terrain – Comité organisateur

Corey Froese : président
Erik Eberhardt : président, Comité technique
Réjean Couture : coordonnateur, visite sur le terrain
Serge Leroueil : Comité technique
A. Keith Turner : Comité technique
Roger Skirrow : secrétaire/membre à titre personnel
Michael Porter : secrétaire/membre à titre personnel
Oldrich Hungr : Comité technique
Peter Bobrowsky : président, Comité consultatif international
Vernon Schaefer : Comité technique


Appel de nominations – Colloque 2014 de géotechnique canadienne

Le Colloque de géotechnique canadienne est une conférence commandée et subventionnée par la Fondation canadienne de géotechnique (FCG).Tous les ans, la commande de ce colloque est accordée à un membre de la communauté géotechnique canadienne.Le but du colloque est de renseigner sur un sujet d’intérêt particulier dans le domaine de la géotechnique canadienne et d’encourager un jeune membre de la société à poursuivre des recherches dans le cadre de la préparation du colloque.Le colloque est présenté lors de la conférence annuelle de la SGC-CGS et doit pouvoir être publié dans la Revue canadienne de géotechnique.Il doit être préparé selon le format établi par la revue. Toutefois, la décision de le publier relève exclusivement du rédacteur de la revue. La sélection de l’individu et du sujet est effectuée par le Comité de sélection de la Société au Conseil de recherche en géotechnique, à partir des nominations reçues. Le candidat retenu reçoit des honoraires de 5 000 dollars et un certificat encadré.

Chaque lettre de nomination doit présenter le candidat et ses principales réalisations.Elle doit être accompagnée d’un résumé d’environ 2 000 mots sur la présentation proposée qui souligne l’importance du sujet pour la communauté géotechnique canadienne, d’un bref survol de l’état de la situation sur la problématique, des grandes lignes de l’importance de la contribution du candidat, ainsi que d’un curriculum vitæ faisant état de l’expérience pratique du candidat dans le domaine et d’une liste de ses publications.Pour obtenir des renseignements sur les critères de mise en candidature, consultez l'édition 2012 ou ultérieure du manuel sur les prix et les distinctions, à la section C-2.Pour y accéder, les membres de la SCG peuvent ouvrir une session à http://www.cgs.ca/login.php?lang=fr, aller voir les ressources en ligne à l’intention des membres et consulter ensuite le manuel sur les prix et les distinctions.

Les nominations doivent être envoyées avant le 31 janvier 2013 à Dieter F.E. Stolle, ing., président sortant du Conseil de recherche en géotechnique, par la poste à l’adresse suivante : Civil Engineering Dept., McMaster University, 1280 Main Street W., Hamilton ON L8S 4L7, par courriel à l’adresse suivante : stolle@mcmaster.ca ou, encore, à l’attention deVictor Sowa, secrétaire général de la SCG, à vsowacgs@dccnet.com.


Adhésions 2013 – Renouvellement et nouvelles adhésions

Pour renouveler votre adhésion ou devenir membre, visitez le site Web de la Société canadienne de géotechnique, à www.cgs.ca.

Les avantages d’une adhésion comprennent ce qui suit :

·         être informé des développements locaux, nationaux et internationaux;

·         échanger des opinions, des visions et des expériences;

·         présenter des projets et des études à des pairs;

·         inscrire ses crédits d’éducation permanente (CEP) et ses activités de perfectionnement professionnel (APP);

·         assister à des conférences, aux conférences de la tournée pancanadienne de conférences, à des cours intensifs, à des ateliers, à des séminaires et congrès, etc., organisés à l'échelle locale ou nationale à des prix préférentiels;

·         avoir le droit de participer, à titre de représentant exécutif, aux comités et conseils locaux ou nationaux;

·         faire la connaissance de collègues partageant les mêmes intérêts, ainsi que des employeurs ou des employés potentiels;

·         établir des contacts avec des collègues de partout au Canada;

·         se prévaloir d’initiatives de commandite et de mentorat;

·         bénéficier de l’accès Internet gratuit (compris dans les frais d’adhésion) à tous les numéros archivés de la Revue de géotechnique canadienne et à 12 nouveaux numéros par an;

·         recevoir le magazine Geotechnical News - 4 numéros par an;

·         avoir accès au site Web www.cgs.ca, aux actualités et aux bulletins électroniques de la SCG.

Nous espérons que vous renouvellerez votre adhésion ou que vous deviendrez membre bientôt.Nous demandons à tous les membres actuels d’inviter un ami ou un collègue à devenir membre de la Société de géotechnique canadienne.Grâce à votre aide, nous pourrons continuer à fournir les avantages que notre société apporte à notre profession. 


Résumé de la  65e conférence canadienne de géotechnique

La 65e conférence canadienne de géotechnique a été organisée par la région du Manitoba et s’est déroulée à l’hôtel Fairmont de Winnipeg du 30 septembre au 3 octobre 2012. Elle a remporté un grand succès, grâce aux efforts du Comité organisateur local, sous la présidence de Gil Robinson, et des administrateurs de la conférence, Wayne Gibson et Lisa McJunkin, de la société Gibson Group Association Management. La conférence a attiré un public nombreux d’environ 400 délégués. Son programme comprenait la conférence d’honneur Hardy, prononcée par Robert Kenyon, Ph. D., de KGS Group, le Colloque de géotechnique canadienne, donné par Andy Take, Ph. D., de Queen’s University, ainsi qu'une séance plénière sur les pratiques professionnelles, avec des présentations de Fred Matich, de MAJM Corporation, et de John Seychuk, de Golder Associates. De nombreux délégués ont assisté à toutes les conférences, ainsi qu’à l’édition 2012 du concours pour étudiants GEOpardy et au salon professionnel.Le programme comprenait aussi deux cours intensifs et des visites techniques qui ont connu beaucoup de succès.


MÉDAILLE LEGGET 2012

Présentation du lauréat de la Médaille Legget 2012 : E.C. McRoberts, Ph. D., AMEC

Par Angela Kupper, Ph.D., AMEC

Doué d’un intellect supérieur, Edward McRoberts est un ingénieur géotechnique dont l’expérience comprend de très nombreux aspects du génie géotechnique, grâce à une carrière lui faisant prendre part à un nombre impressionnant de projets.Au cours de ses 40 ans de carrière, il a joué un rôle important dans le domaine de la mise en valeur des ressources naturelles dans l’Ouest et le Nord du pays.

Diplômé du génie civil de la University of Alberta en 1967, Ed est nommé lieutenant du Corps du Génie royal canadien.Comme l’Institut canadien des ingénieurs lui décerne un fellowship Athlone-Vanier en génie, il étudie à l’Imperial College of Science and Technology de Londres, où il décroche un diplôme de maîtrise en génie géotechnique en 1968. À son retour du Royaume-Uni, il sert dans deux unités de génie des Forces armées canadiennes à Winnipeg et devient professeur adjoint au Collège militaire royal de Kingston, en Ontario.

Après sa retraite de l’armée avec un grade de capitaine, Ed commence un doctorat à la University of Alberta en septembre 1971. Sous la direction du professeur Morgenstern, il se penche sur la stabilité des pentes dans le pergélisol. En décembre 1973, armé de son doctorat, il joint les rangs de R.M. Hardy and Associates (une des entreprises prédécesseures d’AMEC) à Calgary, où il travaille sur les pipelines dans l’Arctique.Ses contributions au domaine ont été importantes.Le professeur Morgenstern les a évoquées de manière éloquente, et je cite : « Même si Ed McRoberts n’a pas été particulièrement actif dans le domaine récemment, les compétences géotechniques qu’il a appliquées à cette catégorie de problèmes ont survécu à l’épreuve du temps. Tant la profession géotechnique canadienne que l’ensemble du pays ont bénéficié et bénéficient toujours de ses contributions pour ce qui est du développement technologique. »

En 1978, Ed déménage au bureau d’Edmonton pour travailler dans le domaine des sables bitumineux, tout d’abord comme adjoint de R.M. Hardy, Ph. D., alors ingénieur officiellement chargé de toutes les structures de retenue des résidus chez Suncor et Syncrude.Au fil du temps, Ed acquiert de l’expérience dans toutes les activités du domaine des sables bitumineux et occupe un poste ou des fonctions dans toutes les mines en exploitation et tous les détenteurs de concession de l’époque.Il se consacre à la conception et à la construction de bassins de retenue des résidus et aux problèmes de gestion des résidus.À la fin des années 1980, il est ingénieur géotechnique en chef de l’Ouest canadien.À mesure que l’entreprise prend de l'expansion, il devient technicien en chef et vice-président principal.

Ed a une capacité prodigieuse de synthétiser des problèmes complexes et de trouver des solutions créatives et novatrices qui témoignent de son grand savoir-faire technique.Sa passion pour le domaine et sa curiosité intellectuelle ne peuvent échapper aux personnes qui travaillent avec lui.Son leadership, son mentorat et son encadrement ont exercé une influence profonde sur la carrière de nombreux ingénieurs qui ont bénéficié de sa pensée critique pénétrante et de sa vaste expérience technique.Plusieurs des meilleurs ingénieurs géotechniques en poste aujourd’hui et qui ont travaillé sous la supervision d’Ed McRoberts à un stade de leur carrière peuvent en témoigner.

En décembre 2009, Ed est muté d’Edmonton au bureau d’AMEC à Burnaby, où il continue d’assumer une charge de travail complète principalement consacrée à des projets sur les sables bitumineux, tout en réalisant des examens techniques d’une gamme d’autres projets.

En plus d’être fellow de l’Académie canadienne du génie ainsi que de l’Institut canadien des ingénieurs (ICI), il convient de mentionner que l’ICIlui a également décerné, en 2004, sa médaille Julian C. Smith.

En guise de conclusion, permettez-moi de citer à nouveau le professeur Morgenstern : « Le génie géotechnique a apporté des contributions colossales à la mise en exploitation efficace des sables bitumineux de l’Alberta et il est des plus appropriés que la Société canadienne de géotechnique honore son praticien de premier plan dans le domaine, en lui décernant la Médaille R.F. Legget. »


Mot de remerciement de E.C. McRoberts, Ph. D., lauréat de la Médaille Legget 2012

Je suis honoré de recevoir la Médaille R.F. Legget, le plus prestigieux prix de la Société canadienne de géotechnique.Recevoir un tel honneur professionnel de la part de mes collègues me cause un plaisir profond et sincère.J’aimerais aussi remercier le Comité de sélection et les personnes qui ont posé et soutenu ma candidature.Mes collègues d’hier et d'aujourd'hui ont tous contribué, d'une manière ou d'une autre, à ma présence ici devant vous.Et, par-dessus tout, je dois remercier les nombreux clients qui m’ont confié la responsabilité de leurs projets.

La tradition veut que le lauréat de la Médaille Legget livre des réflexions.Alors penchons-nous sur la question du « jugement », décrite de la manière éloquente par Legget (1979). Voici ce qu’il en disait, alors qu’il prononçait la 13e conférence Terzaghi :

Aucun ordinateur ne pourra jamais décider à quel moment l’assise d’une fondation est appropriée ou l’étaiement d’un tunnel s’avère nécessaire.Au bout du compte, c’est le jugement humain qui permet d’utiliser le sol de manière sécuritaire.Et le jugement repose sur une expérience solide qui, qu’on le reconnaisse ou non, comprend une évaluation instinctuelle de tous les facteurs géologiques. [traduction libre]

Dans la 5e conférence commémorative Bjerrum, Peck (1980) abonde dans le même sens. Posant la question « Qu’est-il arrivé au jugement? », il a ce commentaire :

... tant que persistera le mythe que seul ce qui peut être calculé relève de l’ingénierie, les ingénieurs n’auront ni l’incitation ni la possibilité d’user de jugement pour les problèmes qui ne peuvent être résolus par des calculs... [traduction libre]

Legget et Peck mettaient en garde contre une utilisation excessive de l’analyse.Aujourd’hui, ces mises en garde sont tout aussi valables qu’elles l’étaient il y a plus de 30 ans.Voire encore plus, étant donné la sophistication grandissante et souvent illusoire des modèles.Alors, qu’est-ce que le jugement?Dans son article, Peck a tendance à définir le jugement par ce qu’il n’est pas.Et, pour paraphraser Vick (2002), le jugement n’est ni le dernier refuge des incompétents sur le plan de l’analyse, ni une métaphysique géotechnique acquise seulement par les personnes âgées.Vick propose une citation intéressante, apparemment attribuable à Mark Twain :

Un bon jugement découle de l’expérience.Et comment acquiert-on de l’expérience?En ayant usé de mauvais jugement. [traduction libre]

Cela est tout à fait vrai. L’aptitude à apprendre à partir des erreurs commises est essentielle. Mais il vaut encore mieux apprendre des erreurs commises par les autres, pour limiter celles qu’on peut commettre.Pour ce faire, la lecture d’études de cas est très importante. Mais, dans notre profession, il est difficile de faire publier ces leçons, en raison de contraintes juridiques et de l’obligation du secret qui limitent le discours.

Vick (2002) qualifie le jugement de « pensée judicieuse ».Plus récemment, Marr (2006) souligne que le jugement équivaut à la « pensée critique ».Voici ce qu’il en dit :

Il est fascinant de constater que la définition de la pensée critique émanant de prestigieux intellectuels de notre époque fasse correspondre la pensée critique au jugement.La pensée critique équivaut-elle à cette expression insaisissable que nous utilisons tous et appelons « jugement d'ingénierie »?La pensée critique est-elle ce qu’évoque Peck dans son article de 1980, lorsqu’il se demande ce qui est arrivé au jugement? [traduction libre]

Aujourd’hui, la réponse est limpide. Le jugement est la « pensée critique ».Marr mentionne des études en éducation qui définissent les éléments de la pensée critique comment étantl’interprétation, l’analyse, l’évaluation, l’inférence, l’explication et l’auto-régulation.De prime abord, plusieurs des points soulevés par Marr correspondent fort bien à mes propres points de vue durement acquis. Mais j’ai aussi acquis plus de connaissances autrement.Marr adopte aussi une approche judicieusement moins nihiliste que Peck sur l’interrelation et l’importance de l’analyse, pour en arriver à former un jugement.Si vous êtes apprenti sorcier dans un cabinet de consultants ou d’experts-conseils, lisez les textes énumérés dans les références, prenez à cœur ce qu’ils vous apprendront et mettez en pratique ce qu’ils prêchent.

Comme l’explique Marr, la recherche en éducation a déterminé que la pensée critique était une compétence essentielle et qu’on pouvait l’enseigner dans le processus d’apprentissage.C’est là un point très important. Les éléments du jugement peuvent être enseignés.Mais je crois que, pour cultiver le jugement d'autrui, vous devez être capable de l’exercer vous-même.Par conséquent, il reviendra encore et toujours, avec quelques exceptions notables, aux cabinets de consultants et d’experts-conseils de continuer à former « les jeunes ».Et par consultants et experts-conseils, je veux dire autant les cabinets indépendants que les équipes géotechniques internes dans quelques grandes organisations.

En réfléchissant sur mon travail des dernières 40 années ou plus – et à comment j’en suis arrivé au stade où je me trouve aujourd'hui –, je dois conclure que, en tant que consultant, l'ingénierie géotechnique est tout autant une vocation qu’un violon d’Ingres.Pour moi, la vocation était et demeure la dimension commerciale que nous, les consultants et experts-conseils, qualifions de complètement facturable.Pour un consultant, le profit n’est pas un gros mot. Mais c'est le cas des pertes.Contribuer à maintenir, année après année, la profitabilité d’une vaste entreprise de consultation en expansion n’a rien de facile.La dimension du violon d’Ingres évoque tous les efforts qu’il faut faire pour rester informé sur le plan technique en ce monde de littérature en croissance exponentielle, en dehors du plaisir qu’on retire lorsqu’on parvient à élucider un mystère.Ce qui a changé pour moi, c’est qu’au début de ma carrière, je devais hanter la bibliothèque, alors qu’aujourd’hui je me sers principalement d’Internet.Bien entendu, la vocation a toujours consisté à résister avec acharnement à quoi que ce soit d’ennuyeux afin de demeurer informé.Les deux sont en synergie et se renforcent l’un l’autre.Essentiellement, pour les personnes qui recherchent des conseils, je rappelle qu’il ne faut pas se contenter d’une semaine de 40 heures.

Finalement, je dois vous faire part de mes réflexions sur ce que nous appelons la méthode d’observation, car elle s’est avérée l’aimant naturel de ma carrière.Proposée par Terzaghi et formalisée par Peck (1969), elle explique complètement, pour moi, comment procéder devant les nombreux risques et incertitudes qui caractérisent les projets de notre univers géotechnique.Elle fournit un véhicule vital au moyen duquel les prédictions associées à une gamme de possibilités peuvent être organisées et qui permet de poser un jugement.On peut aussi définir le jugement, sans aucun doute, comme étant la gestion de l’incertitude. La méthode d’observation nous donne un cadre de travail pour ce faire.Et pour être clair, l’origine de la cause profonde de cette incertitude est la variabilité de la géologie de chaque site de projet auquel nous travaillons, comme l’a si bien décrit Legget dans sa conférence de 1979.

Contrairement à ce qu’en pensent certaines personnes, la méthode d’observation ne consiste pas seulement à colliger des observations, ni à apprendre « sur le tas ».Si vous n’avez rien lu ou n’avez pas compris cet élément fondamental de la méthode d’observation, je ne peux que me borner à dire que vos études en géotechnique présentent une lacune.La méthode d’observation consiste à trouver la solution optimale, et non pas la plus prudente, à moins que le client n’ait un calendrier à respecter ou d’autres contraintes qui exigent un degré élevé de prudence.Fondamentalement, attendez-vous à ce que le probable corresponde à ce que vous avez prévu, mais planifiez aussi pour le pire, en sachant d’avance de quelles mesures d’urgence vous disposez.Vous observez les éléments essentiels de la performance, tout en étant prêts à exécuter des plans de secours le plus rapidement possible, parce que vous aurez prédéterminé des ressources et un calendrier qui vous en donneront la possibilité.Si on ne peut remplir ces conditions, alors il faut en revenir à une conception fondée sur les conditions les moins favorables.De nos jours, il y a quelques clients « potentiels » qui ne désirent vraiment votre participation à un projet que pour se servir de votre assurance de responsabilité civile, pour avoir une garantie financière en cas de risque.Évitez-les comme la peste. Si cela n’est pas possible, le recours approprié à la méthode d’observation forme un bouclier vous protégeant bien mieux que toutes les clauses standards et disculpatoires que des avocats peuvent inventer pour vos contrats et vos rapports. Et ce type de client détestera ça.Mais un client bien informé comprendra votre démarche et l’appréciera.

Pour conclure,un mot à prochaine génération d’ingénieurs et de consultants géotechniques en devenir qui sont ici aujourd'hui à cette 65e conférence canadienne de géotechnique : étudiez les éléments de la pensée critique et mettez-les en pratique, et la fortune devrait vous sourire au cours de votre carrière.

Références

Legget R.F. 1979. « Geology and geotechnical engineering. » ASCE JGED 105(GT3). 
Marr W.A. 2006. « Geotechnical Engineering and Judgment in the Information Age. » Conférence d’honneur prononcée à GeoCongress 2006, Atlanta.
Peck R .B. 1969. « Advantages and limitations of the observational method in applied soil mechanics. » Geotechnique, 19(2). 
Peck R.B. 1980. « Where has all the judgment gone? ».  CGJ 17, pp584-590 
Vick S.G. 2002. « Degrees of belief subjective probability and engineering judgment. » Reston VA.ASCE Press, 978-0-7844-0598-7


Conférences à venir

Pour des renseignements sur de nombreuses conférences locales, régionales, nationales et internationales, visitez le site Web de la SCG, à www.cgs.ca.

66e conférence canadienne de géotechnique - GéoMontréal 2013 – Appel de résumés

En collaboration avec l’Association internationale des hydrogéologues (AIH-SNC) et la North American Geosynthetics Society (NAGS), la Société canadienne de géotechnique (SCG) vous invite à assister à la conférence annuelle conjointe « GéoMontréal 2013 », quiaura lieu à l’hôtel Hilton Montréal Bonaventure, situé à Montréal (Québec), au Canada, du dimanche 29 septembre au jeudi 3 octobre 2013.

Le comité d’organisation de la conférence invite les membres des communautés canadienne et internationale des domaines de la géotechnique, de l’hydrogéologie et des géosynthétiques à partager les récents développements de la recherche et des percées dans leurs champs d’expertise et de pratique respectifs.Les études de cas et les articles sur la gestion du risque et la restauration des infrastructures vieillissantes ainsi que sur les études régionales de caractérisation des aquifères sont particulièrement recherchés.Les présentations et les affiches illustrant l'analyse, des techniques et des solutions novatrices ainsi que la recherche sur des tendances récentes ou des perspectives futures sont vivement encouragées.

Les auteurs sont invités à soumettre des résumés d’une longueur maximale de 400 mots, en utilisant la page de soumission en ligne des communications du site Web de la conférence.Les résumés peuvent être présentés en français ou en anglais.La date d’envoi des résumés est le 14 janvier 2013.

Les invitations à soumettre les articles en version intégrale seront envoyées aux auteurs dont les résumés auront été acceptés par le Comité technique de la conférence d’ici le 1er mars 2013. Avant d’être définitivement acceptés pour faire partie des actes de la conférence, les articles soumis seront revus.Pour obtenir une invitation à faire une présentation lors d’une session technique, au moins un des auteurs d'un article accepté doit s'inscrire à la conférence.


Un nouveau rédacteur pour le magazine CGS News en 2013

Cette chronique marque la fin de mes six années de rédacteur du magazine CGS News.Ce fut une expérience fort agréable, et j’aimerais remercier toutes les personnes qui ont collaboré à cette chronique au fil des ans.J’aimerais également souligner l’indéfectible soutien que m’ont donné divers membres du conseil d’administration de la SCG pendant toutes ces années.

À compter de 2013, Don Lewycky me remplacera à titre de rédacteur.Je lui souhaite la meilleure des chances dans ces fonctions et j’espère que vous lui accorderez le même soutien que vous m’avez témoigné.


Rédacteur, magazine CGS News

Phil Bruch, ing.
Golder Associates Ltd.
Phil_Bruch@golder.com